Jean STARCK : Pionnier de l'Art Urbain

by Dominique Paris | April 10, 2015

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JEAN STARCK: PIONNIER DE LART URBAIN 

Jean Starck est une figure majeure de l’art urbain français, bien avant l’engouement actuel pour le Street Art. Il est l’un des précurseurs, peut-être le plus emblématique, du groupe Art Cloche qui incarna, dans les années 1980, l’expression d’un mouvement culturel alternatif et résolument marginal.

Premier véritable mouvement d’art squat en France, Art Cloche se développe à Paris parallèlement et simultanément aux cultures underground de Berlin, Londres et New-York. 

En France, le phénomène des squats existe depuis le début du XXe siècle mais dans les années 70 et 80, on assiste à une nouvelle vague massive de « squatterisation » dans la plupart des grandes villes d’Europe de l’Ouest et en particulier à Londres, Berlin et Paris… Au delà des raisons économiques, ce mouvement est avant tout poussé par des raisons idéologiques. Il prend ses racines dans le mouvement hippy, tout en s’appuyant sur les mouvements révolutionnaires des années 70, avant d’aboutir dans le mouvement alternatif des années 80. Tous les squats qui s’ouvrent en Europe dans les années 70 et 80 ne se rattachent pas aux mouvements alternatifs ou autonomes. D’ailleurs, la plupart de ces squats ne sont pas politisés mais il en ressort toujours une grande liberté d’action et de pensée, propice à la création artistique. 

En 2002, une grande rétrospective « Art Cloche » au Palais de Tokyo de Paris, consacra la place de ce mouvement dans l’histoire de l’art moderne. 

Aussi, le quotidien français Libération, titrait le 14 septembre 2002 : « Lart des squatteurs sexplose dans tout Paris. »

« Le Palais de Tokyo s'est transformé en centre d'information pour les squats artistiques parisiens. Une exposition est consacrée à l'histoire de ce mouvement, avec notamment Art Cloche () C'est peut-être Jean Starck, un des papes qui anima Art Cloche dans les années 80, qui résume le mieux cette étrange opération : «Le Palais de Tokyo récupère les squats, les squats récupèrent le Palais de Tokyo. Et d'ajouter: «Il faut que ce mouvement hybride garde sa noblesse, son identité underground, préserve les singularités de chacun, mais qu'il se coordonne autour d'objectifs communs.»»  

Libération titrait également le même jour : « Lancêtre Art Cloche : Il a lancé le mouvement dans les années 80. »

«Art Cloche est un nouveau mouvement d'occupation poétique de l'espace social», peut-on lire au Palais de Tokyo où sont exposés des fragments du parcours de ce squat historique des années 80. Dans cette «nébuleuse rebelle», Cloche Art au départ, puis Art Cloche, quelques figures emblématiques, comme les artistes Jean Starck, Valentin Till, Nicolas Pawlowski, Henri Schreder, qui ne doivent pas cacher la soixantaine d'activistes qui sont passés par là.

Leurs «zones invisibles d'occupation» se situaient au 81, rue d'Arcueil, ou aux ateliers Citroën, rue d'Oran, et dans bien d'autres lieux. Au service d'une «esthétique qui traquait tout ce qui clochait dans l'art», des performances spectaculaires, des ventes aux enchères, un bar Cloche, une galerie, des festivals, une Fiac off en 1989, un faux Que sais-je ?... Car le vrai-faux était le mode d'expression de cette tribu qui vivait à lexcès. » 

Notre exposition « Jean Starck, pionnier de l’art urbain » s’attarde sur ses oeuvres produites à la période des squats et rend un hommage vibrant à ce mouvement décadent qu’était Art Cloche et qui fut le terreau nécessaire et libérateur des street artistes contemporains. 

Les oeuvres de Jean Starck figurent au musée d’Auvers, dans la fondation Hewlett-Packard, dans le fond privé Jean DUBUFFET et dans de nombreuses collections privées, en Europe, aux Etats-Unis et en Chine. 

 

 

 

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